10  dec. 2009
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Idéodom

La loi du marché comme la loi de la chute des corps



Toute théorie critique de la société, aussi succincte soit-elle, « implique que la vie humaine est digne d’être vécue ou plus exactement qu’elle peut l’être et qu’elle doit être rendue telle. Ce jugement est la base de tout effort intellectuel ; il constitue l’a priori de toute théorie sociale et le refuser (ce qui serait parfaitement logique) impliquerait le refus de la théorie elle-même. » (Herbert Marcuse dans l’Homme unidimensionnel).

Pour nous aussi, les jugements de valeur sont absolument inévitables, l’objectivité face à l’histoire, notre regard sur la société est teinté d’opinions. Ce texte est une "analyse-critique" de quelques causes du développement sociétal dominant, mais sans l’examen d’alternatives politiques. Et nous ne prétendons pas à un statut scientifique de ce texte. Parce que la vie humaine peut et doit être un changement qualitatif positif, il nous faut comprendre que tout système régent des sociétés humaines est un système construit d’idées humaines. Aucun système n’est donc naturellement en place. Ce texte n’est politique que dans sa tentative d’exhortation à la possibilité d’action de chacun dans la construction du ou d’un autre système.


« Vous savez, je ne suis pas un idéologue, je suis pragmatique. », saurait formuler la posture de nombre de nos représentants face aux questions relatives à leur ligne politique. Aujourd’hui on tend à effacer l’idéologie et le partisan des discours politiques, attributs tous deux jugés comme obsolètes lorsqu’il s’agit de vendre son programme, ou encore effrayants lorsque ceux-ci sont assumés.

Il convient dès lors de se mettre d’accord, ou plutôt de réfléchir à cette proposition en examinant de façon simple ce que veulent dire ces politiciens.

On entendra idéologie comme l’ensemble des idées plus ou moins organisées influant sur le comportement individuel et collectif, ainsi sur l’ensemble des idées fondant la vie en société. Et non pas comme au sens péjoratif donné par plusieurs dictionnaires : ensemble de spéculations, d’idées vagues et nébuleuses.

Le pragmatisme est bel et bien la négation de toute idéologie. C’est un mode de pensée dont le processus de recherche de la vérité écarte toute idée préexistante, tout idéal, toute doctrine au profit de la solution la plus pratique. Le pragmatique n’aspire à rien à priori mais s’adapte à la conjoncture. Ainsi en démocratie, où l’opinion de chacun est égale, la solution la plus pratique nécessite inévitablement le consensus. Un accord mou satisfaisant à minima tout un chacun. C’est pourquoi toute proposition pragmatique ne peut que faire tenir le système déjà en place et ne saurait proposer quelque chose de nouveau.

Actuellement il est assez évident que le ″libéro capitalisme global″ est le système qui régit nos échanges. Si l’on réduit le travail politique à la recherche de la solution la plus pratique, il est logique que le compromis amène celui qui refuse toute idéologie à s’adapter à l’organisation actuelle.

Le problème est alors de comprendre les origines de ce système afin de savoir à quoi il est pratique de s’adapter. L’histoire et la sociologie ont pour habitude de situer la naissance du capitalisme à l’époque de la Réforme avec l’avènement de l’éthique protestante, bien que d’autres puissent invoquer une éthique juive antérieure. A l’inverse du fidèle catholique ayant l’opportunité de racheter son âme durant sa vie, la nouvelle Église protestante prêcha un fatalisme où élus et damnés étaient déjà déterminés. Ajoutant à cela que bien que l’individu ne puisse interférer dans cette détermination, une ″vie réussie″ était synonyme de ″place au paradis″, c’est sur l’idée qu’il fallait avoir une vie réussie que le capitalisme naquit. Celui qui « recherchait de façon rationnelle et systématique du profit par l’exercice d’une profession » montrait ostensiblement son élection divine. « La répugnance du travail est le symptôme de l’absence de grâce. », « Le temps est précieux, infiniment car chaque heure perdue est soustraite au travail qui concourt à la gloire de Dieu. » (Max Weber in L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, 1905).

Le capitalisme n’est évidemment pas un dogme protestant, mais le fait de remarquer que la propagation de ce système de pensée se fait dans les mêmes latitudes et avec les mêmes moyens qu’ une autre idéologie -ici religieuse-, tend à montrer définitivement que le capitalisme n’est qu’idée, qu’idéologie.

Que ses origines trouvent leurs fondements dans une éthique protestante ou juive, il est clair que le capitalisme est le fruit d’idées. Le capitalisme moderne voit bien entendu le jour avec la révolution industrielle, en premier lieu en Angleterre, berceau du protestantisme anglican, et s’épanouira aux Etats-Unis d’Amérique, seconde terre d’accueil du protestantisme anglican. Ce capitalisme n’accumule plus en prétextant louer Dieu. Sa modernité prétend dès lors être une solution au bonheur de chacun. L’idée du capitalisme est d’envisager les ressources exploitables comme un gâteau à produire, mais plus comme un gâteau à la quantité finie qu’il faudrait se cantonner à partager. Un gâteau à faire grossir, dans lequel chacun se sert.

Guidés par le seul souci du bien être de chaque individu, les idéologues du capitalisme expliquent justement que les quelques défaillances de ce système sont dues à une mondialisation encore partielle. Si on ne veut pas laisser des miettes à une part de la population, il faut tout naturellement continuer les efforts de production pour laisser s’exprimer toute la puissance du capitalisme.

Malheureusement pour celui-ci au cours du XXème siècle nombre d’idéologies affirmées comme telles ont terni l’image de ce mot. C’est pourquoi nous n’utilisons plus le terme idéologie lorsqu’il s’agit de parler du capitalisme. L’idéologie n’est plus vendeuse et l’on tente de faire passer le capitalisme comme naturel et nécessaire.

Cette idéologie, pour se faire oublier, a mis une stratégie en place, c'est-à-dire faire passer l’existence de l’homme pour du tout biologique, du tout naturel. Bien qu’elle n’ait pas à proprement parler un dirigeant à sa tête, celle-ci se sert de thèses scientifiques consistant à faire comprendre à chacun l’immanence pure de l’existence humaine (≠ transcendance) et montrant que l’homme n’est pas un animal différent des autres. (Bien sur il est à rappeler que nous faisons partie intégrante de la nature : nous consommons des produits, fruits de l’écosphère, et rejetons nos déchets dans ce même ensemble. Il n’y a pas l’homme et l’environnement humain : l’entreprise humaine fait partie intégrante de la nature. Mais l’animal humain peut peut-être tenter son devenir homme (moral), capable notamment pour cela d’aller à l’encontre des principes (instinct → instinctuel) animaux de survie pour son intégrité.) En ce qui concerne l’homme, il n’y a donc plus lieu pour lui de chercher à satisfaire autre chose que ses appétits sexuel et culinaire, et pour l’environnement, les partisans du tout biologique vont jusqu’à expliquer que les variations climatiques (ou autres) actuelles que connaît la terre ne sont dues qu’aux cycles naturels démontrés et ainsi camoufler l’impact et la responsabilité humaine. Cette théorie fait appel à un hypothétique instinct animal chez l’homme, réduisant l’impact de la réflexion et de la capacité de choix…

De nouveaux besoins créés par ce système découlent de cette stratégie et le marketing s’engouffre dans ce tout biologique en focalisant n’importe quel argument de vente sur la famille1, la femelle2, l’enfant3 et la nourriture4. Puisque nous sommes des animaux ayant tout de même conscience de vivre, sans pour autant pouvoir aspirer à quoi que ce soit, la publicité, les médias et le système nous incitent alors à prendre du plaisir durant notre existence. C'est-à-dire, fonctionner sur le mode de la rentabilité : prendre du plaisir dans tout ce que l’on fait, rentabiliser en quelque sorte sa vie. L’effort de naturalisation de ces besoins portant ses fruits, le système les ayant mis en place est légitimé car il est de toute évidence le plus apte à satisfaire ce qu’il a créé.

Le travail principal de toute idéologie dominante qui veut le rester est de se faire passer pour naturelle et universelle. Ses principes sont ceux du naturalisme et du naturalisant et en ce sens universalisables puisque naturels. C’est la qualité même de ce système de passer pour universalisable, le plus universalisable, voire le seul. Celui-ci dit ne se baser sur justement aucun jugement de valeur, aucune opinion partisane, finalement sur rien de culturel, seulement sur un bon sens ontologique. C’est le système des hommes qui laisserait place au relativisme des opinions, où tout vaut tout, où il y a autant d’opinions "véridiques" que d’hommes. Où l’on peut puiser partout et dans tout. On pourrait parler de nivellement de toutes les valeurs, mais ce système ne se cantonne pas à ne nous donner aucune valeur, aucune hiérarchie, mais plutôt à nous donner un socle commun. Il nivelle et finalement chapeaute. Une société où il n’existe pas de hiérarchie entre les valeurs s’offre paradoxalement plus facilement à être chapeautée par une échelle de valeurs. En effet où toute opinion est considérée possiblement comme vraie, le vivre ensemble et la politique s’organisent spécifiquement au sein de chaque "lobby" d’opinion. C’est la corporation identitaire qui définira les principes de vie. Il ne reste plus alors qu’à contrôler les échanges non intellectuels entre les différentes communautés d’opinions. On en arrive à une société pluriculturelle, à la différence de multiculturelle, où plusieurs cultures cohabitent les unes à coté des autres, non dans la construction d’une culture commune avec les richesses de chacune. Il n’y a ainsi pas d’intégration, et donc pas de possibilité de projet de civilisation. La politique est abandonnée ici à l’économie. L’idéologie dominante ne se permettra pas de juger les différentes valeurs et ainsi c’est l’économie saupoudrée de bassesses idéologiques, c'est-à-dire des systèmes de valeurs les plus primaires qui découlent des rapports de force physique (donc la société hétéropatriarcale) qui régit nos rapports sociaux.


Les valeurs du système : les lois du marché, la capitalisation, la privatisation (propriété privée), l’individualisme associé à des choses comme la famille, la patrie (groupes dans lesquels les mâles peuvent affirmer leur autorité).


L’homme que l’on avait réduit précédemment à l’état d’animal est évoqué comme un animal de progrès. Confondu avec l’évolution, le progrès n’est absolument pas contestable et l’on invoque alors des expériences irréalisables et irréalisées de populations témoins mises à l’écart du système qui inévitablement progresseraient et évolueraient jusqu’au capitalisme. Ponctuant les inepties sur l’évolution, le darwinisme (ou néo-darwinisme) est à tort résumé à la loi du plus fort, appliqué à ce système, au plus capitalisant, à celui qui a le plus d’argent ; de la loi du plus fort à celle du plus fort-uné. Encore plus détourné, Darwin saurait même justifier le pragmatisme, à savoir, celui qui s’adapte le mieux.

La deuxième stratégie de cette idéologie pour s’atténuer lorsque les idéologues, représentants politiques et financiers du capitalisme s’adressent à un public moins crédule, est de présenter cette idéologie non plus comme naturelle, mais comme étant un système nécessaire à l’épanouissement de chacun, tout simplement parce que la majorité de la population mondiale a fait le choix de ce système. Le monde avance, ne restons pas à la traîne. Ne ratons pas le train en route sinon nous n’aurons plus notre part de gâteau…


Le capitalisme n’a pas de diable à sa tête. Évidemment il n’y a pas de grands méchants loups qui tirent les ficelles. Ce système économique se base en premier lieu sur la consommation et en ce sens, le capitalisme "c’est tout le monde". On analyse souvent le système comme basé sur les rapports de production, analyse fille des écrits marxistes. Pourtant, il semble assez aisé de comprendre que si la consommation change, le système (et la production) se modifie. C’est à la lettre sur la consommation qu’est basé le système capitaliste. Ainsi le combat contre le capitalisme ne se résume pas en une dichotomie de lutte des classes où les exploités se soulèveraient contre les exploitants puisque le capitalisme tend à aller à l’automation pour que les travaux rébarbatifs soient faits par des machines et qu’aujourd’hui la classe dominante, celle qui est censée posséder le capital, est composée d’une partie croissante de la population tant il est facile de devenir actionnaire de sa propre entreprise et de n’importe quelle autre même en tant qu’"ouvrier". Comment encore parler de lutte lorsque la classe qui est censée oppresser tend à englober tout le monde, comment espérer une lutte de classe lorsqu’un syndicat ne cherche qu’une augmentation de salaire, à la lettre une possibilité de participer par la consommation encore un peu plus au système ? De plus lorsque l’on sait que le simple fait de recevoir son salaire sur un compte courant d’une banque non coopérative, même à moindres intérêts, alimente les marchés spéculatifs, comment encore envisager une illusoire conscience de classe ? Mais le sait-on vraiment ? Bien entendu la participation par le biais du compte courant n’est pas loin de concerner la totalité de la population occidentale, si le cas concerne "tout le monde" n’est-ce pas révélateur de l’appartenance à une seule et même classe ? C’est parce qu’il n’y a pas de conscience de classe (donc certainement pas de classes) que l’on ne fait pas la démarche de savoir : la conscience de classe n’amène pas seulement à comprendre que l’on fait partie d’une classe mais aussi que celle-ci est en lutte contre une autre et par conséquent qu’elle combat ce qui l’oppresse, à l’échelle internationale et pas seulement régionale ou nationale. La conscience de classe appelle sans doute à ne pas nourrir le combat adverse.

Cependant, il serait simpliste de croire à l’émancipation par l’automation, de plus, une critique de ce système n’aurait pas de sens. En effet, l’incitation à la consommation implique une plus grande part de travail humain, non réalisable par la machine. S’il rend accessible, s’il amène de plus en plus de confort à un nombre de gens de plus en plus élevé, il n’empêche que certains n’accèdent pas à cette augmentation qualitative du mode de vie du fait de l’augmentation quantitative de la consommation, qui demande plus d’effort et de force de travail. Les exploités s’en trouvent exploités de surcroît. De plus l’émancipation de la population libérée de l’exploitation physique n’en est pas une conséquence. Le système offre à outrance et ne demande plus de conscience. La population n’a même plus besoin de penser.

Si le capitalisme n’a personne à sa tête (dans la mesure où les P.D.G. tournent, où la possibilité de devenir actionnaire est considérable), que le "complot" n’est pas possible, il n’empêche que des stratégies sont mises en place. La dette, pour ne prendre que cet exemple actuel, devient prétexte à la privatisation des services publics. Si celle-ci doit être résorbée, il faut sacrifier des services publics qui entraînent des dépenses importantes. Il est difficile de penser que la seule solution possible est l’éradication du service public, mais évidemment les autres stratégies économiques iraient à l’encontre de l’idéologie capitaliste. L’exemple serait inutile à creuser ici puisque l’on sait qu’il existe d’autres assiettes de financement qui sont le fait même du capitalisme, c'est-à-dire l’enrichissement d’individus qui n’ont aucun compte à rendre à l’intérêt général. La dette, elle, a un poids sur la majorité. Ainsi dans un système où l’on pense à l’intérêt général, les profits individuels qui frôlent l’obscénité lorsqu’ils sont voisins des discours les plus alarmistes quant à l’état de l'État (″les caisses sont vides, il faut un régime de rigueur, un peu de sacrifice, etc."), pourraient palier l’augmentation galopante de la dette. Sans cette dette, l’idéologie dominante perdrait un des moteurs du libéralisme accru. La stratégie consiste donc à entretenir un certain niveau de dette.

Mais puisque nous venons de dire que personne n’est le marionnettiste du système, pourquoi certains agents seraient plus qu’une simple force d’affirmation du système, mais une force d’accentuation, de confirmation ? Dans ce système (néoconservateur) l’individu n’agit pas seulement pour faire tourner la boutique que lorsqu’il peut en tirer profit personnellement. Ici, l’agentisation (cf. Stanley Milgram avec un soupçon de « force d’affirmation » marcusienne) fait que l’individu trouve une satisfaction à préserver des espaces de profit pour son entreprise, pour que sa "boîte" puisse gagner de l’argent. L’individu trouve un sens à faire prospérer le système à sa micro échelle même si cela n’a pas de répercussion profitable directe sur son capital. Le système néoconservateur est bien plus que capitaliste et fonctionne donc sans chef, seulement par une multitude de petites actions quotidiennes. Ce système est une réalité que chacun peut s’approprier et où l’on y trouve un sens et des valeurs. En plus de besoin de reconnaissance (sociale), l’individu a besoin de donner un sens à ce qu’il entreprend. Le sacro saint pragmatisme pousse à trouver un sens dans ce qui est déjà ; plutôt qu’à se résigner, à prendre le pli et suivre, autant faire avancer le système. Plus particulièrement le zèle d’une minorité d’agents est peut-être tout de même ponctuellement "plus intéressé" puisque tout simplement le système fait que « les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ». Si le capitalisme est le fait de capitaliser, d’accumuler de plus en plus, il lui faut des stratégies et notamment des évènements permettant de faire passer la pilule que constituent certaines décisions politiques. Cf. Naomi Klein, La stratégie du choc, qui nous fait bien comprendre que même si "ceux qui profitent le plus du système" ne créent pas forcément des évènements terribles, ils savent tirer profit matériel et financier de catastrophes naturelles, sociales ou encore de données économiques effrayantes. Il n’y a pas de complot, mais des stratégies élaborées, affinées par des siècles d’existence de cette vieille idéologie. (L’économie de marché s’élabore au moins depuis le Moyen Age et le commerce des Flandres, la Renaissance connaissait également des bulles spéculatives, notamment celle de la tulipe.)

Le capitalisme est alors tout bonnement une idéologie. L’homme, certes animal, est doué d’une capacité de réflexion et donc de choix, qui lui permet de supplanter quelque instinct animal que ce soit. Les êtres humains sont guidés par des idées. De tous temps et encore aujourd’hui il existe une idéologie dominante. Sans se permettre un jugement de valeur quant aux chances du capitalisme d’amener l’humain au bonheur (en admettant évidemment que ce soit le but de l’humanité), les idées sont par essence ouvertes à une controverse. Si l’on veut dépasser la condition strictement animale, il est ici nécessaire d’aspirer à suivre les idées les plus justes.

L’idéologie dominante n’est en rien immuable.

L’idéologie dominante de la société, quelle société ? Les précautions intellectuelles exigeraient que l’on parle d’une société, néanmoins les rouages du capitalisme en tant que système économico politique tendent à digérer, à une multitude de micro échelles, toutes les sociétés, sans même aspirer particulièrement à la globalisation. Et ainsi contribuer de façon individuelle à la construction d’un système monde. Un système monde où tout est coté, où tout n’est que marchandise, où l’humain (pas seulement au sens de l’individu, mais aussi au sens moral du terme) est une marchandise comme les autres, sa force de travail au même titre que sa créativité par exemple. L’idéologie dominante en tant qu’idéologie est par nature "ouverte" au dissensus.

1 La famille : finalement, c’est bon d’être père. Publicité pour un monospace commençant par la lettre T, continuant par une conjonction de coordination et finissant par -ran.

2 La femelle : pour vendre une connexion à internet, nul besoin de venter les qualités du service, seule la présence d’une égérie pulpeuse et d’un gimmick de deux conjonctions de coordination sont nécessaires.

3 L’enfant : les campagnes de publicité d’un opérateur téléphonique portant le nom d’un chiffre, conscient des lieux communs du marketing et de la naïve croyance du consommateur à être complice, le chiffre nous explique bien que la présence d’un enfant ou d’une pin-up séduit toujours.

4 La nourriture : il n’est pas nécessaire d’étayer ce dernier terrain de chasse.

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