10 dec. 2009
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« Le libéralisme, le jeu : laisser les gens faire, les choses passer, les choses aller, laisser faire, passer et aller, cela veut dire essentiellement et fondamentalement faire en sorte que la réalité se développe et aille, suive son cours selon les lois mêmes, les principes et les mécanismes qui sont ceux de la réalité. » (Michel FOUCAULT, Sécurité, territoire, population, Leçon du 18 janvier 1978.)
Agences (matrimoniale, de voyage, immobilière, de publicité, bancaire, d’intérim)
« Va-cances j’oublie tout, plus rien à faire du tou-out,j’m’envoie en l’air, ça c’est super, folie légère c’est fou ! » ELEGANCE. Les plus convenables et humanistes précautions intellectuelles imposent la reconnaissance et le respect de toutes les cultures, dans leur incommensurable pluralité. A la lettre, presque sans caricature, la culture est comme une A. O. C.1, un label qui estampille des Spécialités ; typiques et pittoresques us et coutumes élevés au rang de culture, bénéficiant dès lors des égards et de l’immunité diplomatique dus à celles (les cultures) ayant permis de construire nos sociétés, les civilisations. Pour éviter toute confusion, en tout cas dans un premier temps, il faut préciser que le sujet des ces lignes est la culture au sens du culturel, du relatif à la civilisation dans ses aspects intellectuels et non pas la culture (individuelle) au sens de la connaissance, de la formation, du savoir. Que signifie la culture ? Qu’est-ce qu’est cette « ensemble d’aspects intellectuels propres à une civilisation ? » Et alors que la définition ne semble clairement pas rattacher la culture à un territoire géographique circonscrit mais bien plutôt intellectuel (une civilisation), pourquoi les dictionnaires, mal à l’aise, se sentent obligés d’offrir bien souvent, à la suite de cette proposition, la possibilité de raccrocher la culture au national ou au régional ? Dans un monde que l’on dit se globaliser, où les distances s’amenuisent et où l’idéologie “producto-consummériste“ continue son expansion, on peut voir, sinon une émergence, tout du moins un “ maintien exacerbé“ des revendications culturelles. Bien au-delà d’un simple ergotage linguistique, n’y a-t-il pas méprise sur ce qu’est la culture lorsqu’elle désigne ces micro pluralités ? Étymologiquement, culture est à l’origine de deux termes désignant deux domaines de travail différents : le culturel et le cultural. Le culturel, opposé au naturel, est relatif aux formes acquises de comportement et non pas à l’hérédité biologique (l’inné), mais même si cela nous aidera à comprendre ce qu’est la culture, ici on l’entendra plutôt comme ce qui a trait à la culture de l’esprit ; le cultural étant ce qui a trait à la culture de la terre. Deux mots différents indiquant deux disciplines différentes, mais certainement pas étrangères. Si la culture (intellectuelle) a à voir avec l’agricole c’est peut-être parce que métaphoriquement et effectivement la culture c’est ce qui pousse, ce qui est vivace. Comprendre la culture comme ce qui est train de, en train de germer, en train d’arriver, c’est comprendre qu’il y a bien méprise lorsque ce qui fait “l’authenticité d’un terroir ancestral“ est appelé culture. La culture c’est bien plutôt nos modes de vie de tous les jours ; la culture comme la mise en mouvement, au quotidien, de valeurs elles-mêmes hiérarchiquement organisées. Cette échelle de valeurs puise sans aucun doute dans le patrimoine et les traditions, mais la culture à proprement parler, c’est ce qui agit tous les jours. A contrario, le patrimoine c’est ce qu’on a reçu en lègue du père à l’instar de la tradition qui est ce que l’on transmet de génération en génération ; le patrimoine et la tradition comme une matière inerte, immuable, que le mode de vie (vivant) remet en scène, en acte tous les jours. La culture c’est le mode de vie. Tout un chacun sait qu’aujourd’hui la société est monde, c’est la mondialisation !, bien plus qu’une société qui se construirait par l’agencement de l’ensemble des cultures humaines, la globalisation serait plutôt l’expansion à l’échelle planétaire d’un seul même mode de vie, que l’on dira tantôt occidental tantôt anglo-saxon. La culture mondiale est aujourd’hui la mise en mouvement de l’idéologie dominante : le néoconservatisme (dont le plus connu de ses rouages est son système économique appelé capitalisme). Alors bien sûr, dans cette “agriculture“ mondiale la répartition de l’industrie monoculturelle reste distribuée en exploitations familiales. Dans cette métaphore, ces différents propriétaires agraires, agence de la culture dominante, sont ce qu’on appelle les folklores. Les folklores ce sont des couleurs, des goûts, des odeurs, des accents spécifiques, mais tous ces exotismes ne sont régis, mis en mouvement que par une seule idéologie : celle du profit, de la rentabilité. Comment ne pas être lucide sur le fait que si aujourd’hui encore on lâche des taureaux dans des ruelles étroites cela n’a rien à voir avec le besoin propre aux mâles d’un peuple d’affirmer leur virilité, mais que cela est bien plutôt une offre touristique, une grosse attraction, un grand huit en plus dangereux ? (cf. : les écossais, anglais et autres belges ou australiens régulièrement tués dans ces ferias ibériques.) Bref, un accent, un patois, un costume ça fait authentique mais honnêtement c’est touristique. Ainsi donc, le capitalisme met également en concurrence nos régions (qui ont du talent) à l’échelle du monde et c’est cela qui est médiatisé. Ensuite, par accoutumance, il est presque logique que l’on appelle ces folklores culture. Mieux que s’accommoder de ces (ses) petites singularités, le néoconservatisme exacerbe les particularismes. Favoriser le communautarisme permet aux Etats/Entreprises (dont le but est la rentabilité et le commerce de Rafals-T.G.V.-Centrales) de se désengager de la morale et de n’être plus que gestionnaire, abandonnant le reste aux dites communautés. De plus chaque communauté exacerbée devient un marché et/ou un foyer électoral cernable. Si l’idéologie dominante sait s’imposer à tous les folklores, elle sait également préserver ce qui est commercialisable chez chacun d’entre eux. Les valeurs mises en mouvement par cette culture sont “au rabais“, c’est pour cela qu’aucun folklore n’y échappe. Ce qui constitue cette culture ce ne sont même pas des procédures comme la spéculation qui exclurait par exemple les pratiquants de l’Islam, c’est seulement le profit, la rentabilité, l’hétéropatriarcat, le confortable et le respect du patrimoine (« les anciens »). Quels conflits communautaires, guerres ethniques ou religieuses existent en dehors de toutes considérations financières ? Les “hémocultures“ comme le nationalisme ou le régionalisme, tous ces défenseurs des identités culturelles ne sont que des agents de la culture d’entreprise qui dirige la société monde. Et chacun de ces pôles touristiques continue à voir et à essayer de faire voir à travers sa paire de lunettes de soleil. Ces lunettes n’ont pas de verres correcteurs qui permettraient à chacun de voir le monde comme un tout, mais bien plutôt une teinte spécifique permettant par ce filtre de s’ethnofocaliser et ainsi de croire à l’illusion teintée qui fait passer son folklore-terroir pour une culture à part entière. “Tout autour de la terre“ chaque folklore est une agence de la culture dominante bénéficiant des largesses morales de celle-ci (avec des « à chacun sa culture », « qui sommes-nous pour juger »). Ces succursales ont simplement une devanture, une vitrine différente mais elles restent tout de même agent de la même maison mère. La langue semblerait être déterminante dans l’établissement d’une culture ; il y aurait dès lors autant de cultures différentes que de langues. Pour ce qui est des idiolectes et autres patois il en va de l’attraction touristique comme pour le costume de la petite alsacienne : un outil marketing distillant l’idée d’authenticité lorsqu’il est sérigraphié sur une boîte de fromage. Sinon, lorsque (comme dans la plupart des cas) la langue forme effectivement une communauté (nationale ou autre) il faut alors se questionner sur son usage, sur ce qu’on en fait. Grâce à elle on communique, quotidiennement, on parle même parfois. Mais si l’économie mise en mouvement par la communauté de langue est de type capitaliste, si l’idéologie dominante de cette communauté de langue est néoconservatrice alors peu importe la langue. La langue est un outil (marketing et/ou de communication) qui bien qu’elle puisse induire une logique dans l’enchaînement des idées n’est qu’un outil mis en mouvement par une culture, à savoir les valeurs hiérarchiquement organisées d’une idéologie. Sans parler de ce qui est plus qu’une tendance : “l’englishisation“ de toutes les langues… O. K., l’anglais est la new langue paternelle succédant enfin au latin (has been). Un dernier échange pourrait nous aider à achever les métaphores et à comprendre un peu mieux ce qu’est la culture. Dans l’idée toujours que la culture c’est le mode de vie et que le monde est globalisé, on peut essayer de penser le monde comme une table de ping-pong/pique-nique. Le ping-pong est un jeu de confrontation bien sûr mais on peut également le voir et le pratiquer comme un échange ; un monde où sans cesse on se renvoie la balle, où les trajectoires tissent des liens tout autour de la table. Cette table accueille aussi en cet après-midi estival un pique-nique et ainsi le monde devient une seule et même cantine, où comme les balles, les aliments sont catapultés par des cuillères de l’un à l’autre des plateaux. L’art culinaire comme ambassadeur des cultures, le folklore de la table comme représentant culturel : « C’était bien le Maroc ?
Voila ce que l’on ne peut vraiment pas appeler culture.
De la politique de l’orang-outang (Comment allez-vous ? Comment faîtes-vous ? How do you do ?)
« Quand on y réfléchit, acheter une voiture c’est un peu comme acheter une nouvelle partie de soi-même, quelque chose qui vous appartient mais qui ne fait pas partie de votre corps. Vous achetez l’engagement de vous occuper d’elle, de l’entretenir, de l’utiliser même quand vous n’en avez pas besoin. Vous achetez l’obligation de la nourrir, le devoir de la nettoyer, l’obsession de ne pas laisser les autres la salir. Vous achetez la peur de la perdre, que quelqu’un vous la prenne. 1 Appellation d’Origine Contrôlée. |
Vous achetez l’obsession de la garder toujours impeccable, l’inquiétude de lui trouver une place. Vous achetez le besoin de la comparer aux autres. Mais peu importe, vous l’achetez, parce que les meilleures choses dans la vie ne sont pas celles qu’on possède mais celles qui nous possèdent. Seat Leon. Laissez-vous posséder. Aoto Emociòn. »
Si c’est de cela que la langue a décidé de s’occuper il nous faut peut-être nous questionner sur : Comment va notre rapport à la vie politique ? Selon les reportages animaliers des après-midi de France 5, auxquels il ne faut très certainement accorder que très peu de crédit au su de leur unanime propension à humaniser (prénom, famille) et romancer le « règne animal » [sans parler de l’obsession idéologiquement teintée de faire comprendre à chaque téléspectateur qu’il n’est qu’un animal et que par conséquent il n’y a pas grand-chose de plus à faire qu’à aspirer à satisfaire strictement ses besoins naturels et nécessaires], selon donc ces reportages, les “grands primates“, les “grands singes“ comme l’orang-outang ont une capacité de prévoyance limitée à trois jours. Ces “cousins“ peuvent semble-t-il conserver un ustensile dont ils n’ont pas l’utilité immédiate mais qui pourrait s’avérer pratique d’ici à trois jours, au cas où… Bien entendu ce texte ne discutera pas la véracité ou non de ces observations zoologiques, celles-ci ne servent ici que d’images pour essayer de comprendre notre rapport à “la vie politique“ qui semble avoir son calendrier spécifique et n’être donc que ponctuel dans la vraie vie, à l’instar des championnats du monde de football ou plutôt d’Interville, tant le foot a certainement plus d’importance dans le temps que les “rencontres politiques“. La politique de l’orang-outang ou Bain de siège d’aisance, où l’éléphant et l’âne sont mus par la pomme ou la rose comme le singe par sa banane ; comment va ce système ? Ce système va et vient d’une couleur à l’autre, du bleu au rose, d’une alternance à l’autre et chacun s’en félicite “républicainement“. En 2009, en France le système politique tend à s’américaniser, à savoir devenir bipartite avec par exemple l’idée chez les socialistes ou plutôt au parti socialiste (la rose) d’organiser des primaires nationales (ouvertes à “l’ensemble du peuple de gauche“ ?!?). Aux Etats-Unis déjà, les deux seuls partis pouvant prétendre à la gouvernance sont celui des démocrates (l’âne) et celui des républicains (l’éléphant) qui tous deux organisent, avant les élections “nationales“, des primaires dans chaque état pour désigner leur candidat… que les grands électeurs choisiront… De la (quasi) même manière en France, deux candidats s’affrontent lors des présidentielles : celui de la “droite républicaine“ (RPR, UMP, le pommier, « Mangez des pommes ») et celui du parti socialiste (la rose). Les autres candidats sont considérés alors comme des syndicalistes, des baromètres ou des aiguilleurs de l’opinion générale, mais sérieusement ces petits partis “l’emportent“ lorsque les suffrages les désignent comme troisième force politique… Attention, le danger d’une telle réflexion, car il en est un, c’est la tentation des extrêmes, principalement de l’extrême droite disons-le franchement. Aucune tendance à cette pseudo contestation ne saurait germer ici, évitons ce mal entendu, il est question de prendre le pouls, de comprendre comment ça va et surtout pas de se fourvoyer dans l’abject. Le problème naît peut-être lorsque ces vagues successives (bleues et roses) singent la marée, à la lettre se font comprendre comme allant de soi, comme un rythme naturel. En faisant l’analogie entre l’urne et le siège d’aisance (et l’urinoir), entre le fait de voter et celui de soulager ses sphincters, l’intention n’est surtout pas de dire « voter c’est de la merde », au contraire, cette mise en parallèle s’inquiète plutôt de cette familiarité. Effectivement la majorité de la population pense que la politique c’est seulement voter tous les cinq ans pour élire le représentant de la France et quelques autres fois encore, pour un maire, un député, un délégué, etc. . Le travail politique de la majorité se résume à voter quelques fois pour décider qui va décider comment elle va vivre. « C’est quand encore qu’on va voter la prochaine fois ?, Pour les régionales ?, Ah, encore pour donner des bonnes places à certains. ». Le peuple français vote (pas dans son ensemble) et c’est là son travail, de scrutin et scrutin sans vraiment toujours (?) savoir pourquoi : on désigne des personnes, on va dans l’isoloir, intime petit lieu d’une aisée lâcheté démocratique, on s’y soulage ; « comment ça va ? c’est fait ! ». Au-delà des “lacunes“ du système (cf. : texte B.A.-BA) c’est sûrement la temporalité dans laquelle s’inscrit le calendrier politique qui pose problème. Le problème c’est de penser l’élection de ses représentants comme l’orang-outang pense son ustensile : pour trois jours tout au plus, dans l’urgence, à très court terme, bref, sur un coup de tête dans l’isoloir ou fonction de l’actualité. Choisir qui va choisir comment on va vivre ne peut pas se faire en réponse aux titres des journaux du mois précédent. Le vote c’est une projection au moins à moyen terme, sur des positions idéologiques ! En essayant de faire ici abstraction de l’ignoble et insensé paramètre qui propose non pas de choisir entre des idées mais des personnes (des personnes !), il faudrait, pour que le vote soit politiquement légitime que celui qui vote conçoive que celui qu’il désigne l’est pour être élu. Penser que potentiellement on vote pour que le nom mis dans l’enveloppe soit élu ! Mais il n’en est rien. L’élite médiatique (diff. Intellectuelle), celle qui exprime son opinion quotidiennement et qui l’expose au plus grand nombre est devenue, par accoutumance, celle qui est légitime et c’est elle qui tient le discours du « moins pire » ! Pour choisir qui va choisir comment on va vivre, il faudrait, dans l’urgence, choisir le moins pire ; et comme l’orang-outang, on verra plus tard… Mais sans penser au primordial (penser à construire par exemple un système où le seul travail politique n’est pas la décharge, la déresponsabilisation de désigner un représentant dans la confidentialité… en attendant mieux parce que « je sais mais là, je n’ai pas le temps »), pour éviter le moins pire (l’alternance des vagues, le pire étant par exemple l’extrême droite) ne faudrait-il pas tout simplement voter avec intégrité ou au moins sincèrement (ce qui est différent) ? [Une sincère sympathie de gauche, mais dans la vie complètement ultra libéral ?!?] Oh la belle solution qui n’en est pas une, un rêve improbable. La chimère serait que l’ensemble des citoyens votent (tous) et surtout qu’ils le fassent sans “stratégie“ en pensant qu’ils votent pour le candidat qu’ils veulent voir gouverner, en pensant que chaque candidat le peut, potentiellement. Le résultat serait très certainement bien différent s’il n’est plus de votes de sécurité, de votes utiles ou contestataires, mais seulement des votes intègres. Il est plus confortable de se laisser baigner avec aisance dans les vagues de sièges du parlement au rythme d’un calendrier politique à court terme. Mais si l’on pense le vote intègre comme u-topique (non-lieu) alors on ne peut soutenir un système démocratique : lieu de l’absence de différenciation éthique (où la voix de chacun vaut celle de l’autre).
Panégyrique ?
« L’art ne peut pas changer le monde, mais il peut contribuer à changer la conscience et les pulsions des hommes et des femmes qui pourraient le changer. » (Herbert MARCUSE, La dimension esthétique.)
Une des (mille et une) posture possiblement repérable dans le champ de la création contemporaine pourrait être dite “militante“. Il existe une vulgate qui veut que l’art, espace de liberté dans l’inconscient collectif, soit aussi là pour contester ou critiquer, voire proposer (mais c’est bien plus rare). Pour certains cette posture, cet art à programme qui serait un moyen et non une fin asservi par une archaïque fonction politique, n’est justement pas de l’art. L’art, qui lui est dégagé de tout rôle social. A l’inverse, pour d’autres, l’engagement artistique est un travail citoyen, pour d’autres encore peu importe, bien sûr… Nous aspirons à ce que la production artistique en se proposant au public constitue un prétexte à la rencontre, l’occasion de la réunion, qu’en s’exposant au public elle exprime des points de vue clairs. C’est l’exposition d’opinions comprises comme telles, données et reçues comme la première réplique d’un dialogue, à construire. Que l’exposition en dévoilant ses intentions puisse susciter le débat et qu’alors elle puisse être le support d’une amorce de construction politique (entre les individus publics et fabricants pendant ou après l’exposition et bien entendu aussi avec des individus n’ayant pas partagé l’occasion de la réunion). En réunissant autour d’elle et en se proposant comme du “point de vue“, l’ex-position de productions artistiques peut revêtir la fonction en quatre temps de « prétexte-support-vecteur-amorce ». Dans cette optique, le travail de production artistique ne consiste pas tant à la recherche de ses motifs esthétiques qu’à tendre à la réalisation de ses motifs, à la lettre les raisons qui l’ont fait se mouvoir ; le pour quoi et le pour qui. Néanmoins, au vu et au su de l’indénombrable masse de productions culturelles et parmi elle du nombre sûrement très important de travaux aux intentions politiques, le tout en regard de leur apparente insignifiance sociale, on peut tout de même se poser des questions sur l’efficience de la stratégie politique consistant à considérer “l’art“ comme un outil politique. Les productions dites subversives ne sont-elles pas des soupapes de déchargement dont l’idéologie dominante aurait besoin pour être “libérale“ ? La rébellion ne fait-elle pas absolument partie du système (même et surtout de marchandising) ? C’est cela aussi qu’il faut combattre, combattre le fait que le spectateur (ou le “faiseur“) soit quitte de son travail politique après avoir vécu son petit moment de révolution dans l’exposition. Créer (agencer des idées, des sens, des fins) c’est résister, mais il faut également, très sérieusement, rechercher pourquoi tant de productions culturelles, mêmes populaires et de qualité (comme les magazines télévisuels Strip-tease ou les Zapping de Canal +), existantes sont animées par un rôle social, et pourquoi dans le même temps le monde et les opinions sont ce qu’ils sont ? Sans les productions “résistantes“ la Vulgarité se ferait-elle rougir de honte ? Le système fonctionne-t-il mieux grâce aux mini-resistances ; l’art n’est-il qu’une force d’affirmation voire de confirmation du système ou peut-il être une force de négation ou même de proposition (une puissance d’action) (c’est alors qu’il faudrait peut-être penser la différence entre le transgressif et le subversif) ?
« De midi à minuit soirée champ’ ou whisky ! » ELEGANCE. |